Let it blogue

Le blogueur, n'est-ce pas celui qui aurait voulu faire partie de l'équipe du journal étudiant au secondaire, mais n'a pas osé? Ou encore un snob invétéré qui ne s'abaisserait jamais à participer à une ligne ouverte? À moins que ce ne soit un écrivain ou un journaliste raté qui s'autopublie pour pallier à son échec professionnel? Quoi qu'il en soit: Let it blogue!

samedi, février 11

Décaricaturer

Vous avez déjà pensé devenir prof de religion? Oubliez ça... Pas principalement parce que la profession a bien peu d'avenir compte tenu du nombre d'heures attribuées à ce cours. Pas spécialement parce que les jeunes ont des préjugés aussi solides sur le sujet que leur ignorance est abyssale en la matière. Non, renoncez à cette vocation parce que les méchants l'emportent toujours sur les bons!

En tant qu'éducateur, je ne poursuis qu'un objectif: amener le jeune à développer un jugement équilibré sur le phénomène religieux. Je tente de montrer à mes élèves que la religion, malgré ses travers, peut contribuer positivement au développement humain. La foi arrive à donner un sens à la vie, les rites se révèlent souvent utiles, les mythes anciens parlent de ce que nous étions et sommes encore, les sagesses multimillénaires des divers courants religieux portent des questions pertinentes pour notre époque...

Et blablabla! Ah oui, et aussi blablabla... Cause toujours!

Comment voulez-vous parler de la chose avec nuance et intelligence quand pratiquement tous les croyants qui font la manchette sont des exaltés? Gandhi est bien sympatique, mais il est mort en 1948. Martin Luther King incarne un christianisme dont je n'ai pas honte, mais il faut avouer que Bush a plus de visibilité que lui présentement. Bien sûr, Mère Teresa n'est pas morte il y a bien longtemps (quoique ça va bientôt faire dix ans), mais la vocation religieuse n'a plus beaucoup la cote. Je sais, il y a d'autres gens moins connus que ces icônes et qui ont eu une vie remarquablement inspirante, mais on vit dans un monde de vedettes, de figures emblématiques. Il en faut beaucoup pour faire sourciller des ados de 14 ans.

Quant à la masse des croyants, elle ne sert guère mieux ma cause. Des centaines de millions de chrétiens, de musulmans, d'hindous, de bouddhistes, de juifs, de sikhs (alouette) vivent des existences remplies de sens. Leur quotidien est nourri d'une foi intelligente et bienveillante. Or, les gens ordinaires, tranquilles et heureux ne font pas les nouvelles. Par contre, il suffit d'une poignée d'extremistes qui lancent des pierres pour tout ruiner. C'est toujours d'eux dont on parle. Les terroristes, les Talibans, les pros-vie, les anti-gays, les new-born... Ce sont uniquement eux que mes étudiants peu cultivés sur le plan religieux voient dans les médias. Ils finissent par croire qu'être croyant, c'est être fou, stupide, intolérant, violent. Peut-on les blâmer?

Cette semaine, j'aurais voulu aller souper chez un musulman. Parler avec lui. Pleurer avec lui. Prier avec lui. J'aurais aimé échanger avec lui sur ma tristesse devant l'ignorance qui rend craintif et qui tue. J'aurais souhaité lui dire mon malaise devant la perte du sens du sacré. J'aurais voulu qu'il vienne dans ma classe lire ce verset du Coran si cher à ses yeux: "Lorsque les croyants sont apostrophés par les ignorants, ils disent: paix!"

mercredi, janvier 25

Déprime hivernale

Chers amis,

Eh oui! Elle est bien là, confortablement installée. Sans raison apparente. Depuis une semaine, je suis en déprime. Pourtant, tout devrait aller pour le mieux. Ça va bien à la maison. Ma douce est de bonne humeur. Je lui cuisine des petits muffins aux mûres et aux canneberges. Nous écoutons Rumeurs, Ici Louis-José Houde et le Fric Show. L'autre soir, je l'ai battu au Scrabble. Je fais des sudokus. Les Olympiques s'en viennent... Que demander de plus? Tout va bien aussi au travail: les élèves sont plutôt corrects de ce temps-ci. Je m'amuse avec mes collègues. Il y a bien sûr la correction, mais je n'y touche même pas... Alors pourquoi déprimer?

Manque de soleil? On a vu pire. Trop de neige? Franchement! Non, je ne vois pas. D'accord, j'ai toujours eu une déprime en janvier-février. Ma mère me parlerait sans doute de bio-rythmes ou d'un truc de ce genre. Peut-être. Peut-être pas. Durant les vacances, je voulais quitter l'enseignement pour retourner aux études. Là, je n'y pense plus. Je me sens "under acheiver". Je me trouve un peu poche d'être seulement un prof de morale au secondaire... Je ne dis pas que je n'aime pas ma job. Au contraire. C'est juste que je m'ennuie d'être stimulé intellectuellement.

Serait-ce une crise existentielle? Ce n'est pas supposé. Ce n'est pas prévu. Je n'ai pas 40 ans et plus 30 ans. Donc, je suis heureux, épanoui et équilibré. Comme d'habitude... Ah! C'est peut-être ça le problème: j'ai une allergie que je n'avais pas encore identifiée formellement: une intolérance au bonheur.

Bon, je m'arrête. Je déteste les gens qui livrent leurs états d'âme sur leur blogue! Et je viens de le faire... Je vais assurément perdre mes trois derniers lecteurs. Noooooooooooonnnnnnnnnnnn!

dimanche, janvier 15

Colères électorales

Pour comprendre, il faut retourner au 6 novembre dernier. Vous vous en souviendrez, c'était jour d'élections municipales. Je ne reviens pas sur le fiasco électronique qui a fait couler beaucoup d'encre, mais plutôt sur ma mésaventure que j'avais alors choisi de taire!

Nous revenions d'Ottawa, je crois, où nous avions sans doute pris le café. Ma femme conduisant, je m'étais abstenu d'apporter clés et portefeuilles, question de confort! Au retour, nous nous arrêtons à la polyvalente pour exercer notre droit de citoyen. En débarquant de la voiture, ma douce me demande si j'ai une pièce d'identité sur moi. Je n'en avais point, mais je ne m'inquiétais pas outre mesure: on ne m'avait jamais demandé une telle pièce depuis que je fais des "X" pour des candidats qui perdent invariablement leur élection. De plus, rien sur la carte de l'électeur reçue par la poste n'indiquait qu'il fallait présenter une preuve de qui je suis. Si vous me connaissez un tant soit peu, vous imaginez la suite...

Je me présente à la table des scrutateurs. On me demande de prouver mon identité. J'explique ce que je viens de vous exposer. On refuse de me laisser voter. Mon sang ne fait qu'un tour. Ma femme, prudente et sage, s'éloigne discrètement. On m'oriente vers une table pour les handicapés électoraux. Je m'y présente. On me redemande la chose. Je me répète. On me laisse entendre à nouveau que je ne pourrai pas voter. J'explose. J'exhibe la seule carte que j'ai sur moi: une carte de la bibliothèque municipale de Gatineau qui comporte ma photo. Ce type de document ne suffit pas. Je suis en train d'enguirlander la pauvre femme et sa complice lorsqu'un de mes élèves actuels passe en me saluant et en me demandant si tout va bien. Je le prends à témoin. Les dames commencent à me trouver agressif. On sort finalement une fiche que je remplis rageusement et que ma femme contresigne, avec une preuve de son identité. Je m'excuse avec toute l'affection qu'on me connaît auprès de la petite dame. Et je vais voter.

Nous y voilà. Vendredi dernier, sachant que le 23 janvier je serai en réunion à l'école au cours de la soirée, je me dis, tiens, pourquoi ne pas aller voter par anticipation! Je n'ai jamais fait la chose, mais je me dis que ce ne doit pas être plus compliqué qu'il faut. Pas fou le bonhomme: j'apporte cette fois mon portefeuilles. J'ai mauvais caractère, mais je suis capable de reconnaître mes erreurs en différé! Au Centre communautaire, il n'y a pas un chat. Je m'avance, présente mon carton d'électeur et demande, fier comme un paon, s'ils veulent voir une preuve d'identité. Ben non. Pas besoin. Qu'ils disent. D'accord, un des scrutateurs est une de mes anciens élèves. Je me dis qu'il me reconnaît et que c'est suffisant à ses yeux. Je suis quand même déçu, j'avoue. À quoi ça sert de s'améliorer?

Hier soir, au milieu d'un scrabble, un Baileys à la main, j'entends, aux nouvelles de 22h00, une responsable d'Élections Canada expliquer que non, il n'est pas nécessaire de présenter une preuve d'identité pour voter par anticipation, que oui, il serait possible pour quelqu'un de se faire passer pour un autre et de voter à sa place, que non ce n'est pas bien grave puisque cela est trop marginal pour influencer significativement les résultats de l'élection. Ah ben Tabarnak avec un "T" majuscule! Pourquoi alors faire une campagne de publicité pour enjoindre chacun d'exercer son devoir de citoyen, de prendre la parole?

Pas grave? Si un jour, je me présente, avec preuve d'identité, pour voter la journée même du scrutin et que j'apprends qu'un zouf l'a fait à ma place par anticipation, ils vont voir que ma colère municipale peut prendre des proportions fédérales!

Les bons et les mauvais mots




Allez sur le blogue de Caro (http://blogdecaro111.blogspot.com/). Lisez ses deux entrées "Atelier de création" et "Mots aimés et mots détestés", puis participez à sa cueillette de mots! C'est vraiment intéressant de voir les résultats!

dimanche, janvier 8

Ô vacances, pourquoi achevez-vous?

Avec quelques jours de retard, je vous souhaite une bonne année 2006! La dernière fois que je vous ai écrit c'était l'an passé. Un abysse temporel pour certains. Je m'excuse d'une si longue absence. Que voulez-vous, j'ai été si heureux depuis deux semaines que je vous ai complètement oubliés. Quand je m'assois devant mon écran cathodique, je ne peux m'empêcher de penser au travail. Alors j'ai évité le plus possible mon bureau. Ça n'a donc rien à voir avec vous, mais tout à voir avec décrocher. Le silence de MatBeat est donc un dommage collatéral de sa quête de bonheur.

Il faut savoir qu'il n'y a pas si longtemps, je passais mon congé de Noël à corriger. Quatre-vingts heures à barbouiller des copies en rouge. Inutile de dire qu'à mon retour au travail j'étais épuisé. Vous savez ce qui m'a aidé à faire la coupure cette année? Pour la première fois depuis des siècles, j'ai plongé dans la fête. Puisque je recevais des amis le 23 et ma famille le 24, je me suis mis à cuisiner. Nous avons décoré un sapin naturel. J'ai même conçu un conte pour mes neveux et ma nièce! Après le 25 passé chez ma grand-mère, le décrochage était complet! Trois jours intenses, harmonieux, vécus dans la simplicité et centrés sur les autres.

Afin d'éviter toute rechute ou un retour de pulsions productives, je suis parti en retraite fermée. Pendant que ma femme était chez ses parents avec leurs chats allergènes, moi je me suis enfui et enfoui à Montréal. Cinq jours pratiquement en solitaire. À Culture quand tu nous tiens! Que de cinéma! Que de lecture! Je me suis même permis une soirée de rire au Spectrum avec la revue de l'année des Zapartistes! Tout cela fut bien jouissif, mais vers la fin je commençais à m'ennuyer un peu.

Tout danger d'une phase maniaque de travail étant éloigné, j'ai pu regagner le domicile conjugal en compagnie de la conjuguée. Faute de bloguer, j'ai passé le passage vers le nouvel an avec le fan #1 de Let it blogue, Claude lui-même. Vous savez ce que font trois intellos un 31 décembre? Ça joue à Quelques arpents de pièges autour d'une bouteille de vin et de quelques fromages et charcuteries. Délices pour l'esprit et le corps! Par contre, le lendemain, la tête et tout le reste ont eu un peu de difficulté à suivre le rythme du dîner familial... Ah! Excès quand tu nous étampes.

Qui dit janvier, dit retour à l'école. Oh! Oh! Panique à l'horizon. Tremblements intérieurs. Une seule solution s'impose dans de telles circonstances: le voyage. Ma douce et moi sommes donc partis pour Toronto visiter Mag! Là-bas, c'était le printemps! Pas une trace de neige. Vous pensez si j'étais déçu... Moi qui rêvais de pelleter une entrée ou deux. Heureusement, je suis flexible. Je me suis donc plié une autre virée culturelle! Que de films! Que de lecture dans des cafés! Et même un souper chez l'Italien et un autre chez le Thaï!

Depuis que je suis de retour à la maison, je capote. Lundi approche. Commencez-vous à saisir tout le drame sous-entendu dans le titre de cette entrée? Ô joie qui fait maintenant mon malheur! Je ne veux pas retourner au travail. Je suis guéri! Que vais-je faire? Je veux que les vacances continuent! Vivement la semaine de relâche!

*****

Pour les nostalgiques de mes listes, voici ce qui a contribué à mon élévation intellectuelle au cours des derniers jours:

Films:

Brokeback Mountain
Belle photographie, excellent jeu des acteurs, scénario un peu simple.
Memoirs of a Geisha
Mise en scène impressionnante, scénario inégal, en deçà des attentes.
Capote
Excellent film biographique, performance exceptionnelle des acteurs, à voir.
Munich
Très bon suspense historique, prestation solide des acteurs, à voir.
Joyeux Noël!
Excellent drame historique, touchant et édifiant, à voir absolument.
A history of violence
Bon suspense, très bon jeu des acteurs, scénario ordinaire pour Cronenberg.
Breakfast on Pluto
Excellente comédie dramatique, scénario très original (un peu fucké), à voir.
Good nigth & Good luck
Excellent drame historique, belle esthétique, à voir nécessairement.
Mildred Pierce
Classique de 1945, avec les forces et les limites de l'époque...

Livres:

Comment devenir un monstre (Jean Barbe)
Roman coup de poing sur le thème du mal et de la souffrance, incontournable.
Comment devenir un ange (Jean Barbe)
Roman saisissant sur le bonheur et la souffrance, génial et jouissif.
Une année sous silence (Jean-Paul Dubois)
Roman noir et grinçant, dans la plus pure tradition de l'auteur. Très bon.
Petit cours d'autodéfense intellectuelle (Normand Baillargeon)
Essai sur le sens critique. Éclairant et stimulant intellectuellement.
Histoire d'idées (Laurent-Michel Vacher)
Introduction à l'histoire de la philosophie. Accessible, à la fois drôle et solide.

vendredi, décembre 23

Bye-bye 2005

En cette fin de décembre surchargée, toute mon imagination a été vouée à la découverte d'idées cadeaux! C'est donc le citron pressé que je me présente à vous. Pour m'en sortir, j'ai volé le questionnaire qui suit à ma douce, qui elle-même l'avait subtilisé à son amie blogueuse Michèle. J'ai cependant le mérite de l'avoir traduit (wow!). Voici donc ma revue annuelle.

1. Qu'as-tu fait en 2005 que tu n'avais jamais fait auparavant?

Pour la première fois depuis 1984 (avant je ne m'en rappelle plus), je n'ai pas eu la grippe ou le rhume avant Noël. Quand on sait à quel point, c'est lié à ma santé mentale et à ma fatigue générale, on ne peut qu'être béat d'admiration. Quand je dis que je change lentement, que je suis plus calme, que je prends soin de moi, c'est vrai! Je ne me suis jamais senti aussi en forme au moment de partir en vacances! Une autre nouveauté: faire ce blogue!

2. Est-ce qu'un de tes proches est devenu parent?

Mon amie et collègue Sika a donné naissance à une jolie petite fille: Ève. Bravo aussi au papa Pierre! N'empêche, j'ai bien hâte de la retrouver au Collège!

3. Est-ce qu'un proche est décédé?

Le frère André Gauthier, directeur du Centre Notre-Dame de la Rouge où j'ai été impliqué tant d'années, est mort subitement au printemps dernier. Il a été un de mes modèles en éducation et un saint moderne qui a fait le bien autour de lui. Lourde perte.

4. As-tu voyagé? Où? Quel est ton meilleur souvenir?

J'ai peu voyagé cette année. En janvier dernier, j'étais en Haïti. Ce voyage m'a permis d'avoir une meilleure compréhension de la réalité d'un pays env voie de développement. Je garde surtout un bon souvenir des gens rencontrés là-bas, de leur accueil chaleureux. Je suis également allé aux Îles-de-la-Madeleine cet été. Je garderai longtemps en tête les paysages de l'Île-d'Entrée. Finalement, cet automne, une escapade à Boston pour voir Franek. Je me souviendrai d'une longue marche sous la pluie, en amoureux, prise du centre-ville jusqu'à Cambridge.

5. Mon meilleur achat?

Mon éclatante chemise verte et sa cravate assortie. Voilà qui a fait parler au bal des finissants et à la rentrée scolaire. Jamais eu autant de femmes autour de moi! De 15 à 60 ans! Que de compliments! Bien sûr, plusieurs mâles (jaloux) la trouvait laide ou de goût douteux. M'en fous!

6. Où est surtout allé mon argent?

À payer les voyages de ma femme? Sans doute! Pour ma part, je me suis acheté de nombreux livres cette annnée. J'ai notamment complété ma collection des oeuvres comptlètes d'Arsène Lupin.

7. Qu'est-ce que vous auriez souhaité faire plus?

Outre voyager, aller davantage au cinéma. Moi qui vais régulièrement au Bytowne eu automne et en hiver, je n'y ai pas mis les pieds depuis le printemps. En fait, je ne suis allé au cinéma qu'une douzaine de fois depuis septembre... Ben quoi, pour moi, c'est vraiment pas beaucoup. Surtout quand on sait que c'est la meilleure saison pour les films intelligents.

8. Qu'est-ce que tu aurais aimé faire moins?

De la correction? Pas très orginal. Tondre le gazon? Trois fois, c'est déjà très peu. Me stresser? Il ne faut quand même pas que je change de personnalité. Je ne sais trop.

9. Qu'est-ce qui t'a gardé équilibré?

Ma femme. Définitivement. L'amour, mesdames et messieurs, l'amour! Les petits repas pris ensemble. Les après-midi passés dans un café. Les soirées consacrées à prendre un verre, à cuisiner, à écouter la radio et à jouer à Quelques arpents de piège!

10. Qu'est-ce qui m'a rendu fou?

Les mardis et jeudis soirs passés seuls, ma femme étant à l'université. Meubler ma soirée de 16h30 à 22h00. Interminable. Pathétique? Bien sûr.

11. Qu'est-ce qui m'a fait célébrer?

La retraite d'une collègue et amie, Sylvie, dont je m'ennuie. La fin des vacances entre amis chez Magali. Mon départ comme président du c.a. du camp avec des précieux compagnons de route. Mes fins de semaine retrouvées en couple. Mes retrouvailles montréalaises avec plusieurs proches que je ne vois pas assez souvent.

12. Qu'est-ce qui t'a attristé?

Le décès d'André.

13. Comment était ta fête cette année?

Ma fête, dernière de cinq ans d'Académie, a été l'une des plus touchantes de ma vie. Avec Caro, Jean et Nancy, j'ai célébré plus que mes 33 ans. J'ai fêté 5 ans d'une précieuse amitié, faite de confidences, de soutien, de rire et de vin.

14. Quel enjeu politique t'a le plus touché?

La situation politique en Haïti. Elle a causé l'annulation d'un projet que je préparais depuis des mois avec un groupe de jeunes. J'aurais aimé pouvoir mené à bien cette aventure et pouvoir aider quelques enfants. Ce sera pour une autre fois.

15. Étais-tu en amour en 2005?

Plus que jamais!

16. Qu'aimerais-tu avoir en 2006 que tu n'as pas eu cette année?

Un voyage, du temps pour lire davantage, le courage de faire de la photo, plus de soirées simples avec mes amis, une visite de Yan.

17. Quelle date en 2005 restera marquée dans ta mémoire?

Le 30 mars 2005, date du décès d'André Gauthier.

18. Quelle chanson te rappelleras 2005?

Pas mon genre de question. Pour moi, 2005, c'est Jack Johnson, Pierre Lapointe et Bryan Wilson.

19. Comparé au même moment l'an dernier, es-tu plus heureux?

Heureux, je ne sais pas. Relaxe, définitivement.

20. Mon plus grand accomplissement cette année?

Mener à bien l'opération du remplacement d'André Gauthier.

21. Plus grande déception de l'année?

Mon horaire de merde comme prof et ses conséquences sur ma relation avec mes élèves. Mais, je vais m'en sortir!

22. Qu'est-ce qui t'aurais rendu plus satisfait en 2005?

Je suis, somme toute, et en tenant compte de tout ce qui a été dit auparavant, très satisfait de ce que fut 2005, malgré ses difficultés.

23. La meilleure nouvelle personne rencontrée cette année?

Natacha, une collègue attachante. Yves Letellier, un homme sage.

24. Une leçon de vie apprise cette année?

Quand on prend soin de soi, on n'a pas la grippe ou le rhume en décembre!

Et vous, quel est votre bilan?

samedi, décembre 17

Hommage au pôvre petit moi!

Quand ma femme part pour Montréal, je me retrouve seulibataire. Alors je m'essouffle d'angoisse en courant partout sur place. C'est pas facile de remplir le vide. Ah, ça non! C'est vidant... J'ai commencé par donner une correction à mes copies. Elles portaient sur des légendes de création. Vous savez ces vielles histoires rongées par les mythes. Et je me suis rappelé que l'Univers est dans la pomme.

Alors que j'allais faire la sieste sans la chair de ma chair et l'os de mes os, la sonnette m'a tenté mais sans serpent. J'aime quand les Jean viennent me rendre visite. Heureusement, c'était celui que je connais. Nous avons parlementer sans aborder la politique.

Puis, je me suis lancé dans la cuisine pour atterir dans ma recette. Je n'en ai fait qu'une bouchée. J'étais à imaginer le rêvaillon Avent qu'Il n'arrive et à penser à ma crèche avant qu'ils ne viennent, quand le pavé de maccadam est tombé dans la mort. Quel choc au las que je étais! Ma tribu a pris le bord.

Ce soir, j'étais Sol quand j'ai appris la nouvelle. La lectrice a simplement annoncé entre deux entrefilets: "Nous apprenons à l'instant que le comédien Marc Favreau est décédé". Pas un mot de plus. Dit ainsi, ce fut comme un clown dans le cercueuil. Il y a tant de gens qui ne connaissent pas son nomnymat. Je me suis dit, il y a quelque chose qui clocharde dans tout ça. On ne jette pas quelqu'un d'aussi estrardinaire à la poubelle comme un sans-abri.

J'ai dû impatienter jusqu'à 23h00 pour voir quelques images. J'avais envie de pleurer comme un petit qui n'est pas très grand.

lundi, décembre 12

Au secours!!!

On termine le visionnement du documentaire "Des marelles et des petites filles" qui présente les vies misérables de fillettes tout autour de la planète (esclavage, pauvreté, prostitution juvénile, excision...). J'anime une discussion à partir des questions et des réactions des jeunes.

Un élève exprime sa surprise devant la lourdeur des tâches domestiques imposées à des enfants de 9-10 ans. Toujours à l'affût d'une occasion de faire un commentaire éditorial, j'ajoute: "On est loin de la situation de ceux parmi vous qui se font payer pour faire leur lit!"

Sans prévenir, un étudiant lance: "Ça c'est rien: Unetelle se fait payer pour faire ses devoirs!" Unetelle est devenue tellement rouge et embarrassée que je n'ai pas osé dire un mot de plus.

Quelle société de fou! Vous ne pensez pas?